Une corruption cruelle de l'idéal démocratique

Biyè sa ekri an franse. Li se rapò yon konsiltasyon manm Ayiti Nou Vle A sou konjonkti peyi a ki te fèt jou ki te 19 mas la, soti midi rive 6è nan laprèmidi sou baz 4 kesyon jounal Le Nouvelliste te poze. Manm yo te reponn, an kreyòl, gras a yon fòmilè sou Google:  https://goo.gl/forms/vc00JFELAj5pjsem2. Rapò sa se sentèz sa ki sòti nan fòmilè sa. 

Atik Nouvelliste la la: https://lenouvelliste.com/article/199472/des-petrochallengers-se-positionnent-sur-le-renvoi-de-jean-henry-ceant-et-sur-lavenir-du-proces-petrocaribe


Comment comprenez-vous ce qui s'est passé lundi au Parlement?

Ce qui s’est passé, hier, au Parlement est une preuve de plus de l’impéritie arrogante de nos responsables, entre défense d’intérêts personnels, ingérence flagrante de l’Exécutif dans le Législatif et spectacle démagogique. Naturellement, ce genre de spectacle n’est pas pour renforcer notre foi dans la démocratie représentative, ce qui est peut-être, in fine, le but. Car enfin, voilà des députés qui, ordinairement, ne sont jamais à l’heure, ont tout le mal du monde à organiser une séance et prennent un temps infini pour traiter des questions les plus triviales, qui font preuve d’une rare efficacité pour renvoyer, vite fait, bien fait, le Premier ministre. Cette corruption cruelle et assumée de l’idéal démocratique ne peut pas, ne doit pas et, de fait, ne nous laisse pas indifférents. La perversion constante de nos institutions par ceux et celles qui en ont la charge, confirme – s’il en était besoin – la nécessité pour les citoyens de s’engager à mettre fin à l’impunité, à demander la reddition des comptes, à exiger la tenue de #PwosèPetroCaribeA. 

Pensez-vous vous que le renvoi du PM peut ralentir le procès PetroCaribe?

Ayiti Nou Vle A a déjà fait connaître sa position sur le sujet. Elle le réitère. La justice est l’affaire du Pouvoir judiciaire, pas de l’Éxécutif ni même du Parlement. Cette précision faite, il est vrai que Monsieur Céant avait pris des engagements clairs sur la question. On se souvient tous de ce tweet en date du 16 février 2019 où il promettait une réponse à la question « Kot Kòb Petrocaribe A » et de tracer un exemple pour le pays. Nous espérons que l’engagement de Me Céant continuera au-delà de ses fonctions de premier ministre, la question étant une question citoyenne. La mobilisation pour le procès continuera et ne s’arrêtera qu’avec celui-ci.

 

La situation actuelle a-t-elle augmenté vos inquiétudes ou préoccupations? Si oui en quel sens?

La situation est inquiétante. Elle l’est depuis des mois. C’est ce qui explique notre mobilisation depuis l’été dernier. Nous sommes inquiets parce que l’État de droit n’existe pas en Haïti, parce que les bandits (légaux ou pas) font la loi, parce que nos dirigeants font du surplace alors que la population s’enfonce dans l’insécurité et la misère. Nous sommes aussi inquiets parce que ces tergiversations font douter de la volonté des dirigeants de faire aboutir le procès Petrocaribe, parce qu’il existe un risque réel que les mobilisations qui suivront soient des réponses proportionnelles au déni d’humanité dont les citoyens haïtiens sont victimes, parce que l’instabilité risque d’augmenter.

Il y aussi quelques inquiétudes plus précises : les nouvelles nominations promises à l’UCREF et à l’ULCC, la liste des contrats avec les compagnies ayant reçu des fonds PetroCaribe ou encore la lumière sur l’affaire des mercenaires … tous des dossiers liés à l’affaire PetroCaribe.

 

Comment comptez-vous vous faire entendre?

Nous comptons nous faire entendre comme nous l’avons fait jusqu’ici : sur les réseaux sociaux, dans nos communautés, dans les actions de rue … en maintenant la mobilisation, en informant la population, en occupant les espaces de discussion et en cherchant à établir une vision commune et un projet commun pour l’avenir. Une crise est le moment idéal pour apporter un changement en profondeur mais ce changement se fera sur la base des idées disponibles. Nous restons mobilisés sur la tenue d’un procès mais nous ne perdons pas de vue que l’organisation sociale, économique et politique qui nous a conduit à la situation actuelle a besoin de changer, que c’est à nous de le changer et que, pour cela, il nous faut un plan. Depuis le 14 février, Ayiti Nou Vle A a entamé une série de consultations en ligne et hors ligne sur le programme devant déboucher sur le projet #AyitiNouVleA. Elles sont accessibles au www.ayitinouvlea.org/konsiltasyon.

 

 


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